L'histoire du mimosa

L'histoire du mimosa

L’origine des fleurs et des plantes remonte au travers des siècles, vers leur zone d’élection ou elles se sont développées à l’état spontané, avant de subir des transplantations puis des hybridations. Ces opérations dues a la main de l’homme ou parfois au hasard sont étroitement liées à la vie de notre planète. Les voyages, les conflits armés, les expéditions scientifiques, les tractations commerciales, les convoitises, les recherches de toute nature ont bouleversés la vie des végétaux d’ornement. Ils ont été et sont encore chaque jour mêlés a l’aventure humaine.

Avant 1788, les botanistes qui débarquèrent en Australie avec le capitaine James COOK, furent les premiers a ramener des graines de ce pays.
Il semblerait que les premiers échantillons rapportés furent donnés au «Royal Garden de KEW» (Angleterre). C’est à KEW, en effet, qu’apparurent les premiers plants. On sait que des plants d’Acacia verticillata, recueillis en Tasmanie lors d’un voyage du capitaine COOK ont été cultivés en Angleterre en 1780.

En 1788, alors que commence la colonisation des NEW SOUTH WALES (état du Sud-Est de l’Australie), de grosses quantités de graines de multiples espèces de plantes Australiennes furent expédiées en EUROPE. La plupart furent réparties entre plusieurs jardins botaniques et jardins privés très impatients d’avoir quelques unes de ces plantes rares et totalement nouvelles, venues de l’autre hémisphère.

Au début du 19ème siècle, les Acacias étaient cultivés en serre et en extérieur dans des régions plutôt tempérées. A cette époque, ont avait déjà répertorié quatre cent espèces, quelques unes provenant de jardins botaniques Européens. Robert SWEET (1783 / 1835) dans son «hortus» en déclarait deux cent vingt six espèces comme cultivées en Angleterre.

C’est l’emballement des Anglais pour certaines villes du Sud de la France : HYERES les Palmiers, SAINT RAPHAEL, CANNES, NICE et leurs environs, qui nous a apporté le «MIMOSA», qui représente l’un des plus beau fleuron de la Cote d’Azur. Il fut introduit dans le Sud-Est de la France aux alentours de 1850 pour décorer les jardins des somptueuses résidences des riches hivernants amoureux de cette région. L’ère des inventeurs de la Côte d’Azur, Alphonse KARR et Lord BROUGHAM, a été le point de départ d’une étonnante floraison subtropicale, à laquelle pourvoient les recherches accomplies en vue de l’acclimatation par des botanistes réputés ( THURET, NABONNAND, PROCHOWSKI, JARREY-DESLOGES, JAHANDREZ...).Lords, têtes couronnées, milliardaires et autres quittaient leur brume pour profiter du doux hiver de la côte.

Dès lors, certaines espèces s’acclimatèrent parfaitement à l’état sauvage, les conditions climatiques et la nature du sol étant très favorables. Parmi ces espèces, figurèrent notamment, l’Acacia dealbata, l’Acacia decurrens et l’Acacia baileyana. Leurs hybrides poussent d’ailleurs de nos jours dans ces régions, à l’état spontané. C’est le cas pour les versants sud des collines des Maures et de l’Esterel, le massif du Tanneron et jusqu’à Nice et à la Riviera Italienne.

Concernant l’Acacia dealbata, originaire de Tasmanie, cette espèce fut introduite en Angleterre en 1818 et en France en 1824. C’est en 1847 qu’elle fut essayée en pleine terre dans la ville d’Angers par deux horticulteurs, Messieurs HANNON et RONFLIER d’après les travaux du «Comice Horticole» (séance du 3 Mars 1849). Sur la côte méditerranéenne, le premier Acacia dealbata aurait été planté a Cannes en 1864 dans les jardins du Château de la Bocca par l’horticulteur NABONNAND. Les premières plantations d’Acacias comme arbre d’ornement ont été faites vers 1880. Il faudra attendre la fin du 19eme siècle pour que des plantations d’Acacia dealbata voient le jour pour la production destinée à la fleur coupée. Peu a peu, cette espèce va se naturaliser dans les sols silicieux de ces régions ou elle forme de vastes bosquets et cette zone propice va s’étendre aux régions plus avant citées.